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Propos du réalisateur

vendredi 18 mars 2005, par arabfilm.net

Avant de reprendre le chemin du camp et de redécouvrir le Camp de Chatila en 1998, à l’occasion du Cinquantième Anniversaire de la “ Nakba ”, la catastrophe pour les Palestiniens, il m’a fallu surmonter une réticence sourde et presque inconsciente. Combien de fois, lors de mes voyages au Liban, en revenant de France, je m’étais arrêté devant les portes du camp sans avoir le courage d’y pénétrer .

Pourtant, des années durant, Chatila avait été pour moi un lieu proche et familier. C’était une partie intégrante de ma mémoire : pendant la guerre du Liban et jusqu’à l’invasion israélienne de 82, j’arpentais souvent les ruelles du camp, lequel n’était d’ailleurs séparé du quartier où j’habitais que de quelques minutes de marche. Il me suffisait de traverser le rond-point Chatila pour être déjà dans le camp.

Mais plus que la proximité spatiale, c’est la proximité politique et l’attachement symbolique qui nous rapprochaient, les personnes de ma génération et moi, de ce qui fut le haut lieu de la “ Résistance Palestinienne ”. Je faisais partie de cette jeunesse “de gauche” qui rêvait de grands changements et qui, “forte ” de ses convictions, pensait que la guerre, malgré toutes ses horreurs, pouvait déboucher sur un meilleur avenir pour le Liban et pour la “ cause palestinienne ”. Malgré la différence de nos appartenances nationales, nos itinéraires et nos mémoires, nous partagions avec la population et les jeunes militants palestiniens du camp les mêmes espoirs et le même langage ; la communication et la conversation s’engageaient sans entraves, de façon spontanée et naturelle. Les mêmes affiches de “martyrs ” libanais et palestiniens, tombés “pour la Palestine et pour l’arabité et la démocratie du Liban” remplissaient les murs, aussi bien dans les camps que dans nos quartiers de Beyrouth Ouest. Elles étaient pour nous les symboles et les preuves de notre espoir commun et de notre destin partagé. Je me souviens toujours de l’un des slogans qui entouraient les affiches : “ un seul peuple et non pas deux : libanais et palestiniens ”. »

« Je pressentais l’étendue des destructions et la dureté de l’épreuve à laquelle les survivants étaient soumis, je ne m’attendais pas pour autant à voir le destin du camp et de sa population réduit à un lieu si compact et si dérisoire : 150 mètres de rue et le premier étage de l’hôpital de Gaza. Voilà à quoi se résume l’espace de ce film. »

Portfolio

Guerre des camps : massacre

1 Message

  • Propos du réalisateur 28 août 2008 09:56, par Claudine

    Bonjour, j’ai vu votre film "Rond point Chatila"à Douarnenez. Je vous remercie de l’avoir fait et je remercie votre regard. La représentation des Palestiniens à ce festival était fondamentale .Votre film m’a fait comprendre la violence de l’enfermement , la tentative larvé de destruction de l’identité comme arme de guerre.J’ai vu il y a plusieurs années " Femmes du Hezbollah",et je garde beaucoup d’admiration pour elles, même si j’ai un peu oublié le film. Désolée mais je le reverrai...Je ne sais pas si vous êtes Palestinien ou Libanais mais ça n’a pas d’importance, j’aime vos films et le message que vous y exprimez. Cordialement.Au revoir. Claudine.

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